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Calembreloque
MessagePosté le: Ven 23 Déc - 23:00 (2011)  Scène 1 --> Répondre en citant

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Incarnation du Maelström


Inscrit le: 08 Sep 2011
Messages: 185

E' SOLO UN GIOCO ; E' SEMPRE UN GIOCO


Pièce en Trois Actes


LIEU : CLEMENCE


~ LES PERSONNAGES ~

MAGDALENA MATTIUZZI

ALESSA & VIVIANA CALVINI

LEANDREL VON DUNKELSCHATTEN

DOTTORE PHILIPPO DELLE CORNACCHIE

"SIGNORE" SILVIO MASCHERA

MATER MARIA SAVIONI

DON GIANCARLO CORIOLLI

PIETRO-LUCA DORNHEIM

CALLISTA DORNHEIM

Ainsi que SERVITEURS, DEVOTS, etc.





"Il est temps", dit le Morse,
"De parler de quantité de choses…"

Lewis Carroll, "Le Morse et le Charpentier"



Le soleil commence à se laisser tomber derrière l'horizon, crachotant les rayons qui lui restent sur les murs de Clémence. Comme à leur habitude, les ombres – et avec elles, les Ombres – s'allongent, s'étalent sur les alentours, laissant la lumière du crépuscule leur tirer l'échine. Les sbires clémentins descendent dans les rues pour allumer les réverbères, tandis que leurs patrons boursouflés se calent derrière une table de chêne, leurs culs monumentaux coincés dans leurs chaises à dos droit. Le monde tourne à son habitude, et les rouages du Destin s'entrelacent sans accroc, ignorant tant bien que mal les grains de sable de passage.

Car ce soir, quelques grains de sable avaient rendez-vous dans une chapelle.

La chapelle de Sancto Garfagnano, dédiée à Sélène la Muette, était un bâtiment en adéquation avec la foi qu'il abritait : ses pierres, bien que massives, n'étaient ni particulièrement belles, ni particulièrement luxueuses. L'humilité du culte, clé de voûte des prières sélénites, se ressentait à travers les fenêtres sans vitraux, à travers la simple porte de bois vermoulu, à travers le toit d'ardoise grise. A l'intérieur, la nef n'était décorée que des piliers nécessaires à son soutien ; le chœur affichait bien quelques tableaux, mais mise à part cette touche d'esthétique, l'ensemble restait nu, alignant tour à tour banc de bois et dalles de pierre.

Sur la gauche, une salle, visiblement aussi grande que la nef, trahissait une certaine agitation. Ici, les prêtresses et dévots dispensaient soins et écoute à qui les voulait, à savoir beaucoup de monde. On pouvait y trouver le poivrot de quartier, le noble en crise existentielle, le marchand itinérant, le bandit, le soldat, la fille de joie et l'homme de peine. Armés de courage et de couvertures, les dévots passaient à travers les rangs, ici prêtant l'oreille, là s'asseyant parmi les miséreux, tandis que les prêtresses, gardiennes du culte, supervisaient l'œuvre de Sélène d'un œil maternel.
Sur la droite de la nef, un vieil escalier tournait dans sa cage pour atteindre un étage supérieur, essentiellement composé de chambres et de bureaux. Au bout d'un couloir chichement éclairé, une porte de bois sombre donnait sur une petite bibliothèque, garnie de fauteuils.

Au milieu des livres, se tenaient cinq personnes.

Il y avait là un grand Thémésien, dont la peau noire semblait ne faire qu'un avec l'obscurité ambiante ; à ses côtés, une superbe créature, au teint d'ébène elle aussi, s'était assise dans l'un des fauteuils et jouait distraitement avec le liseré de son gilet ; un personnage masqué, à l'allure détachée, se tenait appuyé au mur ; enfin, deux jeunes filles quasiment identiques, au teint aussi pâle que leurs cheveux étaient sombres et portant l'habit traditionnel des prêtresses de la Muette, semblaient discuter à voix basse en se tenant la main. Quiconque se tenant aux aguets aurait également remarqué une sorte de bruissement à travers les ombres de la pièce, comme des spectateurs lointains s'installant devant une pièce s'apprêtant à commencer.

Un bruit sourd se fit entendre au fond de la bibliothèque. Assez étrangement, les cinq personnages ne semblèrent pas réagir, ou très peu ; néanmoins, le bruit blanc dans les ombres s'était figé, cristallisant l'atmosphère alentour. Personne ne regardait, mais tous observaient.

La source du bruit s'avança dans la lumière du plafonnier central, sous la forme d'une prêtresse de Sélène rabougrie, qui s'installa avec difficulté dans un fauteuil. Elle était vieille, incroyablement vieille ; tout son visage le criait, tous ses mouvements le chuchotaient. La lumière tombait sur son visage, accentuant les crevasses de son front et le creux de ses joues. Malgré son âge, elle affichait un air empli de compassion et de patience, qui détendit quelque peu l'assemblée. Elle se racla la gorge avec timidité et annonça d'une voix chevrotante :

"Bonsoir à tous. Je vois que nos messages sont parvenus à bon port."


Les invités partagèrent un regard de connivence, comprenant que chacun avait reçu sa version du papier.

"Vous avez sûrement de nombreuses questions, et vous aurez vos réponses d'ici peu. Avant cela, je voulais juste donner les mêmes cartes à chacun : vous avez tous été invités ici parce que vous êtes des Ténébrosi. Je suppose que vous le saviez déjà, et pour une fois vous pouvez l'avouer à la cantonade."

Ténébrosi. Le nom était lâché. Bien sûr, tous les Ténébrosi présents avaient deviné la présence de confrères ; c'est la première chose qu'on apprend à faire, en tant qu'enfant des Ombres. Néanmoins, entendre le mot prononcé sans sous-entendu, ni gêne, était une expérience nouvelle. Les différents invités semblèrent se détendre, et un chuchotement excité parcourut la Tapisserie.

"L'un de vos confrères vous rejoindra un peu plus tard, mais à part lui, vous êtes au complet. Bien. Avant d'aller un peu plus loin, je vous propose un tour de table… Je connais vos noms à tous et pourrais donc vous introduire, mais il y a beaucoup à apprendre d'une personne en la voyant se présenter. Pour ma part, je suis la Mater Maria, l'une des responsables de la chapelle de Sancto Garfagnano. C'est moi qui vous ai convoqués, de manière plus ou moins directe, et c'est à moi que vous aurez affaire."

La Mater laissa un léger silence s'installer, puis s'étira légèrement dans son fauteuil.

"Y'a-t-il quelqu'un qui veuille démarrer les hostilités ?"


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MessagePosté le: Ven 23 Déc - 23:00 (2011)  Publicité -->






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Hawg
MessagePosté le: Ven 23 Déc - 23:41 (2011)  Scène 1 --> Répondre en citant

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Inscrit le: 08 Sep 2011
Messages: 169
Nom du personnage: Signore Silvio Maschera

L'homme au masque se décolla lentement du mur, ou était-ce de la tapisserie? Ses bottes de cuir crissèrent légèrement alors qu'il s'avançait lentement dans la lumière. A la fois grand et mince, ses mouvements souples et assurés semblaient calculés afin de coller au mieux à son physique; du masque de corbeau en céramique noire qui couvrait son visage dépassaient des mèches de cheveux foncés attachés sans soin.

-Je commencerai.

L'homme accompagna sa réponse d'un hochement de tête à l'adresse de la mater.

-Je suis le Signore Silvio Maschera.


Une révérence bien effectuée bien que peut-être légèrement trop ample pour la situation...

-Et l'on m'a toujours désigné comme..."Spécialiste". J'ignore pourquoi je me trouve ici mais, si la Mater a su comment me contacter, cette histoire peut-être intéressante.


Silvio jeta des oeillades alentour.

-Bien que le Chablis facilite toujours les introductions...C'est une petite déception, je dois l'avouer. Cependant...

De quelques pas, il couvrit la distance qui le séparait des deux jumelles devant lesquelles il s'inclina à nouveau.

-Il me faut avouer que nous jouissons de consolations plus qu'acceptables à ce léger désagrément. Mesdemoiselles, je suis à votre service.


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Raistlin
MessagePosté le: Dim 25 Déc - 23:46 (2011)  Scène 1 --> Répondre en citant

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Inscrit le: 19 Nov 2011
Messages: 58
Localisation: Ilium
Masculin Balance (23sep-22oct) 蛇 Serpent
Nom du personnage: Alessa Calvini

Lorsque la Mater Maria arriva, Alessa stoppa tout net sa discussion avec sa sœur pour observer la prêtresse en charge de ce monastère, et écouter attentivement ses paroles.

Quand cette dernière dévoila leur statut commun, Alessa ne sursauta pas mais échangea néanmoins un regard de connivence avec sa jumelle, s'achevant par un imperceptible hochement de tête. "Les mêmes cartes"...

Si elle ne s'était pas déjà présenté aux autres personnes présentes, c'était parce qu'elle avait supposé que la prêtresse à la tête du monastère de Sancto Garfagnano le ferait à leur place. Mais après tout, commencer d'ores et déjà à découvrir ses futurs "collaborateurs" - des tenebrosi comme elles, et venus du monde extérieur au monastère - était une perspective plutôt plaisante. Et l'entrée en matière de l'homme masqué l'avait non seulement surprise, mais également amusée.

Elle appuya légèrement son pouce dans la paume de Vivanna, avant de relâcher sa main, non sans garder son regard dardé sur le masque de corbeau de Silvio. Elle s'avança d'un pas, et offrit un demi-sourire fugace à l'attention de sa flagornerie, avant de s'incliner légèrement, puis de répondre.

- Signore Silvio Maschera, ce sera un honneur pour nous de vous savoir à nos côtés.

Alessa releva alors le regard pour englober toutes les personnes présentes. Le visage calme et serein, c'est d'une voix calme et douce qu'elle prit la parole, juste assez fort pour que chacun l'entende.

- Nous-mêmes sommes au service de Sélène, comme notre habit l'atteste.

Se tournant vers sa sœur, elle reprit sa main et l'invita à avancer à ses côtés

- Nous sommes les sœurs Viviana et Alessa Calvini. Enchantées de faire votre connaissance.
_________________
L'agonie, c'est l'art de rester sur sa fin.


Dernière édition par Raistlin le Lun 26 Déc - 12:05 (2011); édité 1 fois
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Meliäa
MessagePosté le: Lun 26 Déc - 11:49 (2011)  Scène 1 --> Répondre en citant

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Inscrit le: 16 Nov 2011
Messages: 47
Localisation: Là où vous savez.
Féminin Capricorne (22déc-19jan) 馬 Cheval
Nom du personnage: Viviana Calvini

Même en pleine discussion avec sa soeur, la jeune femme n'avait pas perdu son temps, et observé à la dérobée le petit groupe rassemblé là. La présence d'autres tenebrosi que sa soeur et elle l'excitait, comme si elle savait que les temps à venir allaient être intéressants. Même si en apparence, seule Alessa aurait pu déchiffrer ses états d'âme, dans ce visage neutre qu'elle arborait le plus souvent.

Toute son attention fut bientôt retenue par la Mater Maria, qui détendit l'atmosphère par des paroles qu'elle n'entendait pas souvent. On cachait son statut de Ténébrosi, la plupart du temps, mais pas ici. Ce qui ne fit qu'ajouter à son plaisir de se trouver là, après toutes ces années au monastère. Elle échangea un regard avec Alessa, et hocha la tête, comprenant instinctivement ce que voulait dire sa jumelle.

Lorsque l'homme prit la parole, s'avançant vers elle, sa main se raidit quelque peu dans celle d'Alessa. D'une légère pression du pouce, elle lui intima de se calmer, lui disant également qu'elle se chargeait de tout. La jeune femme continua tout de même à fixer l'homme masqué du regard, faisant un effort - alors qu'elle récupérait sa main - pour perdre son attitude qu'elle savait sauvage et agressive. Elle prit alors un air tranquille et amusé, et attendit son tour.

Elle s'avança lorsque sa soeur lui tendit la main, et prit brièvement la parole, remerciant intérieurement sa jumelle pour avoir parlé pour elle. Sa voix était légèrement différente de celle d'Alessa, non par le timbre mais bien par le ton, moins policé. Cela dit, leurs voix restaient agréables.

- Enchantées, oui.

Puis elle inclina doucement la tête, faisant tomber quelques mèches d'un noir profond, avant de le gratifier d'un fin sourire et d'un regard bleu acier appuyé. Suite à cela, elle resta auprès de sa soeur, silencieuse.


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Cendar
MessagePosté le: Mar 27 Déc - 14:16 (2011)  Scène 1 --> Répondre en citant

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Inscrit le: 15 Nov 2011
Messages: 97
Nom du personnage: Magdalena Mattiuzzi

Magdalena ne savait pas pourquoi elle avait répondu à l'appel qu'on lui avait lancé... Elle ignorait en effet pourquoi elle s'était donné la peine de se déplacer pour rendre un service à une inconnue quand elle ne faisait rien sans rémunération et se trouvait dans une situation suffisamment douloureuse pour abandonner jusqu'à la notion d'altruisme... Peut-être, dans le fond, était-ce précisément parce qu'elle se trouvait dans cette situation qu'elle avait préféré répondre à cette incongrue convocation plutôt que de rentrer à son hôtel et détruire sa chambre. Peut-être cherchait-elle à oublier. Elle ne savait pas. Elle avait occulté.

Elle n'était pas seule, d'autres personnes l'entouraient, tous des tenebrosi, elle pouvait en attester. Erza aussi.

La tenebrosa attendait l'arrivée de la prêtresse qui était venue mander son aide... Et une Mater se présenta à l'étrange petite assemblée qui peuplait la bibliothèque. Les présentations furent... Intéressantes. Tenebrosi. Le mot était lancé et une telle procession d'Enfants de l'Ombre était si rare qu'elle se permit une seconde de réflexion à ce sujet. Généralement, en dehors du culte sélènite, on ne trouvait que rarement plusieurs Tenebrosi ensemble et a fortiori aussi nombreux. Le plus grand rassemblement civil auquel Magdalena eut jusqu'alors assisté n'était jamais que son propre couple. Deux Tenebrosi. Qui n'arrivaient d'ailleurs pas à cohabiter. Quelle étrange petite réunion... D'autant plus que la présence de la Mater Maria n'était pas sans exacerber la curiosité de la Tenbrosa.

L'homme au masque se présenta, il était à la fois noble et irrévérencieux, bourru et élégant. Quelque chose de très pardoxal se dégageait de cet homme. Silvio Maschera. Elle ne connaissait pas ce nom. Il s'inclina devant les deux siamoises dont la proximité agaçait déjà la Tenebrosa mais leur statut de prêtresse forçait le respect. Viviana et Alessa Calvini. Et elles parlaient en écho. Merveilleux. Magdalena s'arracha de son fauteuil et s'inclina élégamment devant la Mater, comme elle l'aurait fait chez elle.

- Je vous salue, Madre.

Délicatement, elle se tourna vers l'assemblée qu'elle parcourut d'un regard calme et amusé. Elle jaugeait doucement de ses interlocuteurs et Erza s'étira paresseusement. Les deux silhouettes s'inclinèrent de concert.

- Je me nomme Magdalena Mattiuzzi, enchantée.

Un rire cristallin résonna dans la pièce avant que l'ombre ne s'estompe de nouveau pour retrouver une forme aussi normale que possible. Quitte à jouer aux vacances Tenebrosienne, autant se mettre en scène. Magdalena retrouva place dans son fauteuil.

_________________





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Tav'
MessagePosté le: Mar 27 Déc - 18:55 (2011)  Scène 1 --> Répondre en citant

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Inscrit le: 14 Nov 2011
Messages: 64
Masculin Bélier (21mar-19avr)
Nom du personnage: Leandrel von Dunkelschatten

Toute l'assemblée s'était présentée, seul restait Leandrel. Pour chacun, les présentations était brèves, il en fera de même. Cependant, sa curiosité le poussait à tirer quelques subtiles grimaces essayant de lire les traits de visage, peut être y verrait-il quelques émotions. Il s'en rendait compte lorsqu'on lui retournait son regard qu'il remerciait d'un léger sourire.


Étrangement, le seul homme présent à part lui, pourtant le plus mystérieux, lui inspirait plus qu'affection que les autres. Il ressentait, dans sa façon d'être, un certain amusement qu'il lui enviait. Laissant son regard voler d'un invité à l'autre mélangeant surprise curiosité et admiration, Leandrel pris plaisir à se trouver là, parmi ces personnes que son ombre ne dérangeaient pas. Tout cela était nouveau pour lui, jamais il n'avait eu l'occasion de converser avec d'autres ténébrosi, encore moins avec des prêtresses de Sélène.


Lorsque le regard de la mater l'invita fortement à sortir de sa réflexion, il fit quelques pas en avant, se plaça entre la mater et le groupe et s'adressa à elle, comme l'ambiance le suggérait, par une longue révérence.


- Je tiens d'abord à vous remercier de m'offrir l'honneur de servir Sélène, c'est pour moi une nouvelle expérience pour laquelle je me montrerai digne!


Puis il se redressa et se tourna vers ses futurs compagnons.


- J'ai écouté avec grand intérêt vos présentations et j'en sors que le temps que nous partagerons s'annonce aussi intéressant qu'agréable.


Ces mots s'accompagnèrent d'un léger salut de tête à l'attention de sa camarade thémésienne. Puis il se redressa et se tourna afin de mettre son ombre en évidence qui elle resta immobile, intimidée par l'attention qu'on lui portait.


- Je ne nomme Leandrel von Dunkelschatten et voici Stella, mon ombre, nous sommes ravis d'être parmi vous aujourd'hui et espérons vous être utiles dans la mission que nous nous verrons confier. 


Puis il regagna sa place laissant la parole à la mater.


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MSN
Calembreloque
MessagePosté le: Mer 4 Jan - 18:28 (2012)  Scène 1 --> Répondre en citant

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Incarnation du Maelström


Inscrit le: 08 Sep 2011
Messages: 185

La Mater avait suivi les présentations en arborant un sourire bienveillant, ponctuant de temps à autre d'un hochement de tête les différentes interventions. Pour chaque Ténébroso qui se présentait, une imperceptible raideur s'emparait du corps frêle de la vieille femme, qui jetait un coup d'œil rapide à la Tapisserie, trop rapide pour que vous vous en rendiez compte. Néanmoins, d'un murmure gravé directement dans vos têtes, vos Ombres respectives vous ont bien fait comprendre qu'elles avaient été repérées, évaluées et d'une manière générale sondées. "Pas mal, pour une petite vieille", rajoutèrent certaines d'entre elles.

Ecartant les bras à la fin de la présentation, la Mater s'exclama :

"Très bien ! Les noms sont lâchés. Il se peut qu'ils ne soient pas vos noms réels, et honnêtement, je m'en fiche. Après tout, Maria est mon nom de bure, et je n'irai pas empêcher des Ombres d'en porter un." Pause. "L'essentiel, c'est que vous répondiez à ces noms. Je vous ai contactés pour une affaire importante, et j'aurai besoin de vous contacter de temps à autre. Je sais qu'il est courant pour les Ténébrosi de collectionner les noms d'emprunt, mais ne vous avisez pas d'en changer sans m'en parler avant."

Le ton, bien qu'autoritaire, n'était pas menaçant ; en appuyant ses derniers mots, elle sembla se tourner plus explicitement vers Silvio. Elle reprit :

"Bien. L'affaire, donc. Comme vous le savez peut-être déjà, l'un de nos frères dévots s'est malheureusement éteint il y a peu, Sélène ait son âme. Le Père Roberto Pettinengo était un diacre à la chapelle de Sancto Garfagnano depuis plus de dix ans, et son décès nous émeut tous. Peut-être avez-vous assisté à son enterrement ; il était très aimé, des autres dévots comme des ouailles. C'est une perte tragique, voilà ce que je veux dire. Là où vous entrez en scène, c'est que cette perte est également… Mystérieuse."

Le mot, dans la bouche d'une prêtresse, avait quelque chose de stupéfiant : les arcanes de la Muette sont nombreuses, et toutes plus secrètes les unes que les autres… Aussi, pour qu'un événement se trouve qualifié de "mystérieux" par une Mater, c'est qu'il dénote réellement de l'ordinaire.

"Le fait est que le père Pettinengo est mort sans raison. Il était d'âge mûr, certes, mais rien d'avancé… Il faisait du sport, mangeait sainement ; "mens sana in corpore sano", si vous voulez. Il apprenait même aux enfants du quartier à jouer au calcioppa ! Nos prêtresses l'ont examiné, il n'a pas été blessé, attaqué, empoisonné, asphyxié ou quoi que ce soit ! Nous sommes dans une impasse. J'ai déjà fait appel à une connaissance pour nous aider – nous la rejoindrons plus tard, comme je vous l'ai dit – mais il nous faut plus de monde ; j'ai peur que cette mort ne soit pas naturelle…"
La Mater sembla frissonner et haussa le ton. "Tuer un membre du culte de Sélène est l'une des pires abominations qui aient été perpétrées sur cette terre ! Si mes intuitions s'avèrent légitimes, je ne donne pas cher de l'âme du pauvre malandrin qui s'est attaqué à Pettinengo…"

Elle s'arrêta un instant, et reprit une voix plus douce.

"De plus, une autre tragédie a marqué notre chapelle… Antonio Sovagna est décédé lui aussi, quasiment au même moment ! Sovagna n'étant pas un membre de notre culte, je n'ai pas eu l'autorisation d'étudier les causes de sa mort ; il se pourrait bien que lui aussi soit mort sans raison apparente. S'il est vrai que certaines mauvaises langues lui prêtaient des fréquentations… Disons… Peu recommandables, il n'en reste pas moins un fidèle de notre chapelle, et il semblerait que sa mort soit liée à celle du père Pettinengo. Les deux se connaissaient, paraît-il, mais je n'en sais guère plus à son sujet."

Prenant un regard quelque peu implorant, elle reprit son souffle et annonça :

"Voilà ce que je vous demande. Trouver ce qui a tué Pettinengo et, par extension, peut-être Sovagna. La chapelle couvrira la plupart de vos dépenses, mais sachez que le temps presse ; s'il s'avère que ces morts ne sont pas accidentelles, il se pourrait que l'an mille ait décidé de prendre de l'avance…"

"Vous avez des questions ?"


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Hawg
MessagePosté le: Mer 11 Jan - 01:16 (2012)  Scène 1 --> Répondre en citant

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Inscrit le: 08 Sep 2011
Messages: 169
Nom du personnage: Signore Silvio Maschera

Je hoche la tête en réponse aux remarques de la Mater à propos des changements de noms.

-Allons allons, Mater. Vous avez su nous trouver une fois
(et par "vous", j'entends clairement "moi"), nul doute que, faux noms ou pas, vous sauriez nous retrouver aux quatre coins de Neolim.

Puis je retourne à ma pose initiale, appuyé contre le mur et semble me perdre quelque secondes dans mes pensées avant de reprendre, sur un ton autrement moins badin que lorsque je j'étais face aux jumelles; ma voix est devient plus profonde, toute trace de légèreté semble m'avoir quitté.

-Un prêtre de Sélène mort, hum? Un autre type également? Triste fait. Je connaissais un peu le père Pettinengo; brave pater : le style droit dans ses bottes. Entendu parler de Sovagna aussi. Un jeune nobliaux pas clair dans son jeu ni dans ses fréquentations. Sa mort à lui m'étonne pas; contrairement à celle du père. Un scénario probable : Antonio s'est confessé d'un truc pas clair au pater; peut-être le truc qui lui aura couté la vie. Des gens ne voulaient pas que ce truc se sache, ils ont prit les mesures. Un peu capilotracté quand même...On ne fait pas abattre un prêtre se Sélène sans être sur de son coup, et encore moins pour rien.


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Calembreloque
MessagePosté le: Jeu 19 Jan - 12:35 (2012)  Scène 1 --> Répondre en citant

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Incarnation du Maelström


Inscrit le: 08 Sep 2011
Messages: 185

La Mater regarda Silvio avec gravité, une légère lueur dans le regard.

"Contente de vous voir réactifs. C'est une possibilité, en effet... Néanmoins, j'ai peur que si cette théorie s'avère la bonne, vous n'ayez quelques difficultés à dénouer ces sombres liens ; puisque les lèvres de Pettinengo et Sovagna sont désormais closes, il sera dur de retrouver le cœur de cette confession. De plus, comme vous dites, quiconque attentant à la vie d'un dévot doit être conscient de l'ignominie de son acte. Si ce que vous dites est juste... Je n'ose imaginer en quoi consistait cette confession..."

Elle resta pensive quelques instants, puis sembla s'éclairer et releva la tête.

"Eh bien ! Ne soyez pas timides ! Vous devez avoir nombre de questions qui vous brûlent les lèvres !"


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Meliäa
MessagePosté le: Mer 25 Jan - 21:50 (2012)  Scène 1 --> Répondre en citant

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Inscrit le: 16 Nov 2011
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Localisation: Là où vous savez.
Féminin Capricorne (22déc-19jan) 馬 Cheval
Nom du personnage: Viviana Calvini

La jeune femme frémit discrètement, tout en regardant la Mater, alors que son Ombre lui expliquait le passage en revue qu'elle venait de subir. Bien sûr, ça n'était pas tout à fait inattendu. Dans une pièce remplie de Tenebrosi, voir son Ombre repérée et étudiée via la Tapisserie était un risque qui était plus que probable. Mais que ce soit la Mater qui se charge de les sonder tous, cela avait été moins attendu - même si le clergé de Selene est un véritable repère pour ceux qui manient les Ombres.

"C'est qu'elle se débrouille pas mal la vieille peau ! Tu n'as rien vu venir.
Amren, si tu n'es pas capable de faire preuve de respect, tais-toi.
"

A ce moment-là, Silvio reprit la parole. Amusant comme cet homme était changeant, selon la personne à qui il s'adressait, ou le sujet qu'il abordait. Tout comme les autres qui restaient silencieux, cet homme était dangereux car imprévisible. Et malheureusement, cela resterait ainsi pendant encore un moment. Je me ferai une raison. Elle serra doucement la main d'Alessa, tout en sachant qu'il était évident que son Ombre lui aurait également révélé le petit examen qu'elle aurait également subi.
Se forçant à garder un masque neutre alors que les présents semblaient s'enterrer dans des déductions et des hypothèses, elle céda pourtant et se sépara de sa sœur pour faire un pas en avant. D'un ton calme mais ferme, elle demanda à la ronde :

"Certainement, Mater. Mais rester ici à faire des hypothèses ne nous approchera pas de la vérité."

Elle posa ses yeux perçant sur chacun d'entre eux, et attendit. Aucun d'eux ne savait encore qu'ils venaient de voir là une chose bien rare ; Viviana laissait le plus souvent à sa sœur le soin de se mettre en avant, et les réflexions sans fin. Elle préférait l'action, bien que ses facultés de raisonnement ne soient en rien diminuées. Sans voir les lieux où l'on avait retrouvé les deux hommes, ils n'auraient aucun début de piste ; autant faire une enquête depuis chez eux, en ce cas. Cela n'avait aucun intérêt.
Elle ne rajouta que quelques mots avant de retrouver sa place à côté de sa jumelle.

"Nous trouverons peut-être un indice qui nous mettra sur une piste tangible, en nous rendant dans les lieux qu'ils fréquentaient."

Se taisant de nouveau, elle attendit des réactions. Réactions qui l'informeraient sans aucun doute sur les personnes qui se trouvaient dans la pièce.


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Cendar
MessagePosté le: Dim 29 Jan - 22:26 (2012)  Scène 1 --> Répondre en citant

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Inscrit le: 15 Nov 2011
Messages: 97
Nom du personnage: Magdalena Mattiuzzi

Chi offense non perdona mai.

Erza fit savoir à Magdalena qu'elle avait été sondée... En toute autre circonstance, Magdalena aurait fait connaître de façon incisive son mécontentement quant à ce genre d'impolitesse mais que dire à une Mater, prêtresse de Sélène, leur mère à tous? La putain garda le silence et patienta les informations qui se faisaient attendre.

L'affaire était simple. Il fallait trouver qui était l'auteur du meurtre probable du père Pettinengo et découvrir par la même si ce meurtre supposé était relié à celui d'Antonio Sovagna.
Et donc rendre justice à celui qui venait de tout lui arracher.

Les poings de Magdalena auraient pu se serrer, sa nuque aurait pu se tendre. Il n'en fut rien. Elle s'énerva avec violence et grandiloquence dans l'indifférence la plus complète, ce fut à peine si Erza elle même frémit. La tenebrosa se devait d'envisager de poursuivre le meurtrier du... Evidemment. Tout était si clair. Si limpide. Se barrer à présent en claquant la porte. Ou courber l'échine et répondre à l'appel qui s'impose à ceux de notre espèce. Doucement, Magdalena souffla.

Le dénommé Silvio fut le premier à réagir. Une hypothèse délirante et absurde qui avait pour elle de se tenir si elle était prise dans son sens le plus primaire : celui du secret qu'il ne fallait pas dévoiler. La seconde personne à réagir fut l'une des deux soeurs... Si elles n'avaient toutes deux été prêtresses de Sélène, nul doute que la Matronne aurait tenté de se débarasser de l'une comme de l'autre. Il fallait à présent aller chercher un indice, une piste tangible, en cherchant ouvertement dans les lieux que fréquentaient les deux macchabées. Magdalena esquissa un signe de la main à la fois sec et fluide avant de se tourner vers la jeune fille.

- Seriez-vous en train de suggérer que nous, cinq tenebrosi, nous lancions à la recherche d'un indice en fréquentant les mêmes lieux que deux hommes dont les cadavres sont encore frais alors même que personne ne pense être soupçonné? Ce sera, au mieux, une façon extrêmement maladroite de faire comprendre à un éventuel criminel ou à une organisation que nous sommes à sa recherche... Et nous ne voulons pas ça. Mais je suppose que vous n'avez pas eu le bonheur d'acquérir de l'expérience en matière de fuite et de bassesses humaines...

Les femmes, le couvent, le développement de l'esprit pratique... Sans rajouter un mot, Magdalena se tourna vers la Mater.

- Je connais quelques unes des fréquentations de Sovagna et quelque chose me dit que certaines autres ne tarderont pas à venir grignotter son cadavre patrimonial mais il va avant tout nous falloir des informations sur le corps. Savez-vous où celui-ci sera emporté ou si un médecin a été chargé de l'inspecter?

Parce que les hommes parlent... Et quand ils ne le font pas, on peut toujours les en persuader.

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Hawg
MessagePosté le: Dim 29 Jan - 22:58 (2012)  Scène 1 --> Répondre en citant

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Inscrit le: 08 Sep 2011
Messages: 169
Nom du personnage: Signore Silvio Maschera

Ça discute ça caquette...C'est qu'on s'encrouterait presque. Je n'aurais pas dut avancer mon hypothèse, du coup tout le monde y va de la sienne et on perds un temps précieux. Je n'aime pas ça et le fait savoir en commençant à arpenter la pièce d'un pas nerveux.

-Hé bah alors? Pourquoi tu les attends?

La question se pose mais la réponse coule d'elle même. Amusant paradoxe. Je les attends parce qu'ils peuvent m'être utiles; il me sont inutiles parce que je les attends. Qu'est ce qu'on fait dans ces cas là?

-On l'ouvre. T'as raison Silvio : tu t'encroutes, tu te relâches le vieux!

Je balaye l'incursion cognitive d'un revers de main sans sens pour qui n'est pas dans ma tête et prends conscience que mes pas m'ont mené au centre de la pièce. Ok, autant l'ouvrir, donc.

-Bon, avez vous conscience que nous perdons du temps? Il sera toujours possible de discuter de nos méthodes en route et de nous écharper dans la joie et la bonne humeur si nous ne tombons pas d'accord.


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Cendar
MessagePosté le: Dim 29 Jan - 23:00 (2012)  Scène 1 --> Répondre en citant

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Inscrit le: 15 Nov 2011
Messages: 97
Nom du personnage: Magdalena Mattiuzzi

L'homme masqué avait réussi à rester crédible. Il se faisait ridicule.

- Et donc nous déplacer à cinq tenebrosi et une mater selenite ou bien abandonner ici la Madre et pouvoir poser des questions qui ne trouveront pas réponse? Brillante idée, messire...
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Hawg
MessagePosté le: Dim 29 Jan - 23:03 (2012)  Scène 1 --> Répondre en citant

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Inscrit le: 08 Sep 2011
Messages: 169
Nom du personnage: Signore Silvio Maschera

Nouvelle révérence.

-Au temps pour moi ma Demoiselle. J'avais cru que la caractéristique principale de notre don portait sur la discrétion. On a du mal me renseigner.

Le ton joyeux et légèrement impatient n'a pas changé d'un pouce.


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Cendar
MessagePosté le: Dim 29 Jan - 23:08 (2012)  Scène 1 --> Répondre en citant

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Inscrit le: 15 Nov 2011
Messages: 97
Nom du personnage: Magdalena Mattiuzzi

Magdalena rit d'un ton velouté et joyeux.

- Vous croyez beaucoup, Messire, pour un être qui aurait été assimilé à un demi-dieu dans certaines des cultures nous ayant précédé... Il faudrait songer à être plus sûr que croire et envisager que parier sur la prudence vaudra mieux que présumer de notre discrétion...

Le regard de la femme parcourut l'assemblée calmement.

- Nous ne savons rien de ceux qui nous précèdent, au final...

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